27/05/2011

Genève, la ville sociale

Devant produire un texte dans le cadre de mon atelier d'écriture, les sujets étaient intéressants:

-Un extrait du discours de la marche sur Washington du dr Martin Luther King Jr.

-Le problème des clochards et roms à Genève.

Choisissant le deuxième, je vous livre mon petit texte.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Plusieurs clochards sont actuellement à Genève.

Roumains ou autre, ils demandent l'aumône, ils volent à l'occasion, ils vivent comme des animaux.

Quels sont vos sentiments à ce propos ?

Qu'est-ce qu'on pourrait faire ?

 

Bien que l'échec de la Communauté européenne soit devant nos yeux, les hommes tentent toujours de faire fusionner leurs nations, afin de mettre un terme à l'injustice et à l'inégalité ; la mondialisation est la solution proposée mais qu'en est-il ? Est-ce qu'un problème local, qui n'a pu être résolu de façon local, sera résolu de manière mondiale?

Tout d'abord il est nécessaire de faire la différence entre clochards et roumains. Les roumains où plutôt les "roms" sont les laissés pour compte de la Roumanie malgré les millions versés par l'Union Européenne. Dès lors, la solution qui leur est offerte pour survivre est la mendicité professionnelle. Certains matins, on peut les voir se réunir et se répartir les lieux. Une place n'étant pas gratuite, le mendiant de métier paiera à son patron, celui que l'on ne voit jamais, son droit d'aumône. Organisation mafieuse pour certain, le système en est assez proche. Pour d'autres, la vision de la pauvreté. La vérité c'est qu'ils le font pour nourrir leur famille. Passez une journée dans la rue et vous verrez que l'indifférence est dure à accepter, spécialement à Genève.

Pour les clochards locaux, ils ne sont soutenus par aucune organisation. Pire encore, c'est l'organisation de la politique locale qui loue des villas à 200.- à des fonctionnaires, qui sont, pour la plupart, responsable de cette misère grandissante. Beaucoup de clochards ont la fierté de ne pas vouloir demander de l'aide. Travaillant dans un service social de l'Etat de Genève, j'ai conscience que je verse des prestations, servant à la survie, en échange d'un contrôle totale sur le bénéficiaire. Lieu d'habitation, nombre d'enfants etc.... Mais il existe des clochards volontaires qui ne souhaitent pas être aidés, me direz-vous. Bien sûr qu'ils existent. Mais ce faible pourcentage ne doit pas aveugler la réalité sociale actuelle.

Ces personnes ne m'incommodent pas tellement, sauf  quand l'insistance pointe le bout de son nez. Il m'arrive de donner à des "roms" ou à des clochards locaux. Ce qu'on pourrait faire ? Je ne le vois pas. Le monde est si complexe. Le destin de sept milliards de gens se joue chaque jour avec l'ouverture de Wall Street. Les fonds spéculatifs, type "hedge fund",[1] ont pris une telle ampleur que je me demande même si les gens s'en rendent compte. La réponse est non. Ils pensent aux rendements de leurs différents produits bancaires ou aux taux de leur caisse de pension.

 La solution réside, peut être, dans un rapprochement entre les gens. Cela commence dans l'immeuble et continue dans le quartier. L'entre-aide doit être mise en avant. Des associations de commerce favorisant les artisans locaux pourraient permettre l'émergence d'une économie locale plutôt qu'internationale. L'Etat ne devrait pas avoir d'autres buts que celui de rendre les gens libres économiquement. Le trop perçu, c'est-à-dire ces millions de dollars, livre sterling, yen ou francs suisses, qui dorment tranquillement sur des comptes pourraient être utilisés à éradiquer la pauvreté et faire progresser technologiquement les sociétés humaines. Il faut que chacun gagne sa liberté économique, en cherchant la suffisance au lieu du profit, tout en donnant de son temps à sa communauté. Dès lors face au problème de la pauvreté la solution n'est plus globale mais locale. Mieux que ça elle est communautaire.

 



 [1] Fonds spéculatifs type hedge fund : produits bancaires qui spéculent sur les denrées alimentaires. Ils provoquent des famines dans les pays les plus pauvres.