15/10/2011

Rencontre avec les moutons xénophobes

L'été indien que nous avons vécu est terminé. Le vent se lève laissant place à la froideur de nos rues et du coeur des gens.

Le rituel du mois qui consiste à se voir avec quelques amis afin de boire un excellent Whisky écossais accompagné d'un bon cigare de la Havane avait été respecté non sans problème. L'établissement possédant qu'un seul fumoir ne pouvait nous laisser y acccéder car une personnalité genevoise connue par le passé y était en compagnie d'une personne masculine malheureusement. Et moi qui aurait préféré voir sa femme dont la beauté m'avait conquis dans le film "la boum". Peine perdue. Pour nous les petites gens notre liberté s'arrêtait sur la terrasse de cet établissement.

Des jeunes parlant tous anglais faisaient la fête à l'intérieur tous habillé sur leur 31. Portrait d'une jeunesse dorée bien loin des réalités. Les tables jonchées de bouteilles à des prix exorbitant me fit sourire. Nous décidâmes de laisser ce lieu entre les mains riche de ces individus afin d'aller quérir de la quiétude dans un bar non loin du café cuba.

Nos discussions sur la vie, les femmes et la situation économique mondiale laissaient présager que malgré les différents bords politiques que nous étions nous pouvions discuter sans haine, comme des êtres humains tolérants.

Cet ultime verre descendu nous mîmes le cap vers la boulangerie la plus proche afin d'éponger la fringale naissante. C'est alors qu'en sortant du bar je reconnus un jeune homme. En réalité je connaissais bien un ancien ami à lui que l'on appelera Y. Malgré ma couleur de peau et leurs anciennes fréquentations, les skin heads, je m'évertuais à saluer Y. pendant toute sa période noire. Aujourd'hui Y. n'est plus influencé par ses ex amis dont ce jeune qui lui, m'affirmait qu'il n'était plus skin. Son regard avait encore des résidus de sa précédente vie.

Notre discussion tournait sur la tolérance et sur les changements que la vie opère sur nos vies via nos expériences. Citant l'exemple de mes ancêtre esclave malgache sur la prise de conscience que nous naissions tous libres. C'est alors que homme assis à côté de lui aussi rasé que son cerveau me dit :

- malgache ?

- oui de Madegascar dis-je un peu interloqué.

-Pourquoi tu n'es pas là-bas ? me dit-il sèchement.

-Parce que je suis Suisse mon nom de famille est Suisse et de plus il est valaisan!

Les deux coups de poings verbaux l'avaient sonnés. Préférant le mettre KO de suite plutôt que de le laisser riposter je lui dis :

-Tu sais la Suisse est un concept tout a commencé parce que des autrichiens nous ont emmerdé et qu'ils voulaient nous prendre notre liberté. Ce qui nous amène à la bataille de Sempach entre autre et notre héros Winkelried. Aujourd'hui c'est l'économie libérale qui fait la même chose d'ailleurs les autrichiens ont développé leur école économique autrichienne. Alors avant de te battre contre des couleurs, il faut se battre contre ces idées. C'est ce que les Waldstaten auraient fait.

Combat gagné au KO je décidai de rejoindre mes potes à l'extérieur car franchement ça sentait le mouton qui n'avait plus de laine. Je serrai la main du jeune homme et comme je suis un combattant avec de l'honneur je me tournai vers le homme au propos dégradant pour un suisse, en lui présentant ma main. Il ne put la refusé.

Je trouve regrettable de voir ce genre d'effet secondaire sur notre population suite à des campagnes électorales. Certain parti amène la haine et franchement il faut faire quelque chose. Sinon la liberté dans ce pays va être revue à la baisse si ce genre de préjugé gagne du terrain.

 

 

 

 

 

13:44 Publié dans Genève | Tags : xénophobie | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook

Commentaires

BOnjour plume noire,

désolé de ne mettre un message que maintenant, pourtant je suis bien passé lire votre article la semaine passée ;-)

Effectivement je comprend votre point de vue quand quelque chose se passe comme ca.
Votre réponse à ce "jeune homme" a été vraiment plus intelligente que n'importe quel "raciste" ou "xenophobe".

Je comprend effectivement vos position, on ne veut jamais faire parti du même bord politique que ceux nous "méprise".

Pour ma part c'est un peu le même sentiment que j'ai avec la gauche. Nous avons ce point commun :-)

Écrit par : DdD | 19/10/2011

Désolée la xénophobie s'est installée surtout depuis 1999 dans notre pays,elle existe également entre locataires du même pays,entre femmes mariées et célibataires,entre non retraités et ceux qui le sont,alors comment lutter contre ce mal pire que la peste obligeant de plus en plus d'habitants à vivre en autarcie pour se protéger des coups bas des plus inhumains de ceux connus dans les années 50 ,cela n'a strictement rien à voir avec les élections,non ce mal vient du nombre d'habitants au mètre carré ni plus ni moins.A force de coloniser les villes ou bourgades,les conflits entre génération n'ont jamais été aussi sordides et aussi de la part d'étrangers nés mais jamais intégrés à nos moeurs et cherchant la moindre provocation pour faire sortir de leurs gonds des suisses seuls et isolés,voilà la vérité d'un monde devenu invivable.Les gens se méfiant de plus en plus perdant leurs repères face à un monde de jeunes pour qui le respect passe en premier pour les animaux et la nature,qui sans humain mourra de toutes manières seuls les serpents eux survivront et finiront même par être mangés par des rats à deux pattes et qui finiront eux par s'entretuer

Écrit par : lovsmeralda | 19/10/2011

Cher DdD,

Merci pour votre commentaire! Comme vous dites nous avons ce point commun. Je comprends tout à fait votre point de vu de la gauche. J'ai exactement le même. Pour ma part j'ai été à droite pendant des années. J'ai donné à ce bord le crédit que j'ai bien voulu lui donner. Mes années d'étude en économie et sociale au lycée ont été drôle. Une prof de gauche propagandiste qui vantait les 35h de Martine Aubry à l'époque et une prof plutot libéral l'année d'après.

Mes années chômages m'ont permi à prendre plus de temps à analyser la politique et de comprendre avec les années qui passent que les libéraux n'étaient que les petits chiens de l'UDC. La gauche n'ayant pas d'idées de gauche. Aujourd'hui le fait d'être libre de mes choix me permet de discuter plus facilement avec des gens de d'autres bord contrairement à avant ou j'étais borné par mon bord politique. Aujourd'hui je juge une idée par son effet pas par sa couleur politique.

Écrit par : plume noire | 19/10/2011

Je partage entièrement votre avis.

Même chose pour moi aussi.
Quand j'étais plus jeune (même si je ne suis pas vieux non plus), j'étais beaucoup moins ouvert et avait des idées bien plus tranchées.

Comme je dois l'expliquer souvent, si l'impression que je donne est de défendre l'UDC, c'est plutot dans le sens de retourner les paroles des anti-UDC contre eux, qui font exactement la même chose.

Tout comme vous je ne suis plus attaché à des partis. Ayant fait parti du parti radical et avoir été conseillé communal de Renens (je n'ai pas apporté grand chose à la commune mais à cet age là, je n'avais pas la prétention de donner des leçons à des adultes ou des chefs d'entreprises mais d'apprendre et de voir comment cela se passe).

Je n'ai pas non plus de parti spécifique, mes idées aujourd'hui sont plus sur la manière de faire les choses, plutot que les idées elles même (et je trouve que ce côté là, la gauche et l'UDC ont de nombreux point commun). Après tout je préfère une mauvaise idée travaillée oÛ tout le monde s'y retrouve un peu qu'une "très bonne idée" (dépend pour qui) imposées aux autres.

Il y'a eu pas mal de boulversement dans le paysage politique suisse cette dernière décennie, chaque parti essait de retrouver ses marques.

Je fais plutot parti des "radicaux libre" :-)

Écrit par : DdD | 19/10/2011

@lovesmeralda
La xénophobie ne s'est pas installée comme cela en 1999. Je pense que vous faite référence à une votation qui parlait d'un quota de 18% d'étrangers ) je crois si je ne m'abuse.
Regardez les archives de la tsr dans les années 70 il y avait eu une loi proposée (dont je ne sais plus le nom) qui est à peu de chose près la même chose. (j'essaierai de retrouver le reportage).
Ma mère au début des années 80 a eu une expérience intéressante à Genève. Un barman avait refuser de la servir sour prétexte de sa couleur. Je pense que ça du la blesser profondément mais au regard de toute la souffrance qu'elle avait vécu elle a dû passer par dessus.

Maintenant, il faut voir autre chose. Notre société est individualiste et pas collectiviste. Ce qui engendre de la peur. On pense ceci ou cela de notre voisin et l'on attaque l'autre pour se protéger. Comme vous dites il y a des étrangers pas intégrés. Je me rappelle d'avoir failli me battre avec un au cycle sur un malentendu. Aujourd'hui il bosse en boulangerie parle très bien français. C'était juste un enfant qui était parti de chez lui et qui avait la rage et la tristesse d'avoir laisser famille et amis.

Autre exemple : alors que je travaillais à un service sociale de l'état je lis le dossier d'une famille de requérant d'asile.
Famille sans histoire qui voulait recommencer leur vie après que la guerre leur ait tout enlever. Le fils fait une stage dans un dépôt de pièce détaché dans le cadre d'une insertion professionnelle. Son maitre de stage et lui fixe comme but de faire un vélo à partir de différente pièce retrouvée. Le gamin est content car il a réussi à faire quelque chose. Son apprentissage du français est facilité. Un soir la police de plainpalais l'arrête et lui demande un justificatif de l'achat de son vélé chose qu'il ne peut faire.
Le lendemain l'assistance sociale appelle le commissariat avec le maitre de stage pour expliquer la provenance du vélo.
La réponse de la police a été simple. Le numéro de fourche ayant été volé il doivent la garder comme pièce à conviction. Ce qui était inutile. Je comprends la démarche mais cela ne favorise l'intégration.

En conclusion, il y a toujours des nouvelles lois mais l'intégration n'est pas favorisée. Il y a des étrangers qui ne font d'effort et d'autre qui en font. Le journaux comme certain parti politique préfère relater ce qui ne va pas.

Écrit par : plume noire | 19/10/2011

@DdD,

Je ne veux pas faire de récupération mais vous êtes beaucoup anarchiste que vous ne le penser. Vous êtes libre ce qui n'est pas le cas de tous le monde. A défaut d'être radical de droite ou de gauche, ce qui est un peu n'importe quoi mieux vaut être libre! Votre expérience politique vous a permis d'avoir un regard qui va au delà de ce que les journaux décortiquent au quotidien souvent de manière fausse.

La dessus je suis encore d'accord avec vous, je déteste ce qui est imposé aux autres!

Écrit par : plume noire | 19/10/2011

"mais vous êtes beaucoup anarchiste que vous ne le penser. "

Ah non, ca je l'ai un peu toujours été et j'en suis parfaitement conscient.

Mais je tente juste de canaliser de manière objective les paradoxes de chaque pensées idéalosite (tel que le côté liberal et égoiste des anarchistes, des communiste et de la gauche, tout autant que les côtés totalitaires du liberalisme).

Écrit par : DdD | 19/10/2011

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