26/04/2012

Adieu Jo-Johnny

 

 

 

 

Il y a des jours ou les morts se succèdent. Michel Chevrolet que je n'ai connu que l'espace d'une soirée mais autant dire que notre rencontre n'a pas été marquante. Mais vous m'excuserez de faire l'éloge de Jo-Johnny.

 

C'était vers la fin de l'hiver. J'avais été voir le compagnon de ma cousine jouer dans la pièce de théâtre « Quand la vie bégaie » belle pièce de théâtre mettant en scène des artistes de music hall. Ma seule connaissance de ce dernier était celui que l'on voit dans Tintin. Cette découverte fut magique ! Voir ces âmes perdues espérant faire un jour du cinéma et partir loin de leur condition. Mais la réalité de la vie est ce qu'elle est : pas facile pour la majorité.

 

La pièce terminée Jo-Johnny est venu avec les acteurs et la metteur en scène pour un question réponse avec le public. Les questions stupides du public commencèrent à fuser. « Quand est-ce qu'à votre avis il est temps d'arrêter ce métier ». Ce type d'interrogation peut être compréhensible. Comment vivent les artistes ? Faut-il changer si ça ne marche pas ? Le vrai problème était que les questions dérivaient de plus en plus du sujet de la pièce...le monde de la balle était frappé par la stupide réalité que l'on subit tous les jours. Jo-Johnny répondit à une question posée et enchaîna sur son parcours de vie. Une vie extraordinaire ! L'espace question se termina assez rapidement.

 

L'ami de ma cousine me proposa alors de manger avec la troupe et ce cher Jo-Johnny. Je me revois encore mangeant une pizza en compagnie du vieux monsieur. Au cours de ce petit festin, il nous raconta une anecdote de sa vie.

 

Durant la période 1938-1939 Jo-Johnny passe un casting de claquette pour un show à Londres. Il réussit le concours et se prépare à partir pour la City. Malheureusement la guerre éclate et il est mobilisé. Il conclu en riant avec une prononciation à l'anglaise (pour le nom des deux villes) : Je devais partir à « Londonne » et je suis parti à « Moudonne ».

Jo Johnny adieu l'ami !

 

Toi que j'ai découvert sur le tard

C'est bien le problème des lèves tard

 

Toi qui devait partir à London

Et qui est resté à « Moudon »

 

Sans rancoeur

Tu restes dans nos coeurs

 

 

Les commentaires sont fermés.