03/10/2012

Pour devenir riche, nous avons besoin des autres

Chronique de ce jour d'Eric Grosjean, oui on vit dans un monde collectif qu'on le veuille ou non.

 

"J’ai un pote qui tient une boîte dans l’électroménager. Il lui arrive de m’inviter à bouffer pour me parler de lui. Il n’arrête pas de me dire que je dois arrêter de taper sur les riches, parce que si les riches sont riches c’est parce qu’ils travaillent. Et il me sort d’habitude l’exemple de son grand-père qui s’est fait une petite fortune en vendant des grille-pains. Et quand je fais semblant de pas l’entendre en recommandant une petite bière, il me dit : « Mon grand-père c’était le roi du grille-pain et il t’emmerde ».

Et c’est là que la soirée devient parfois très longue puisque je lui dis grosso modo la chose suivante : « Est-ce que tu sais qu’un grille-pain, aussi simple soit-il, est constitué d’un peu plus de 400 pièces ? ». Un grille-pain, c’est 400 pièces faites d’acier, de cuivre, de plastique ou encore de nickel. Et si elles donnent au final un grille-pain, c’est parce que des ingénieurs ont passé des nuits sur le dossier, avec des ouvriers et des designers. Des tas de gens qui ont travaillé sur des outils imaginés et développés par des tas d’autres gens ont été nécessaires à la fabrication du premier grille-pain. Un objet qui s’est vendu grâce à la publicité, au travail des médias, encore des tas de gens qui ont profité du savoir d’un tas d’autres gens pour faire rentrer le grille-pain dans la cuisine de monsieur tout le monde.

Pour que les gens puissent brancher leur grille-pain dans une cuisine, il faut encore qu’il y ait une maison autour, avec de l’électricité. Des centrales pour la produire. Un réseau pour l’acheminer. Et pour qu’il y ait de quoi alimenter ce foutu grille-pain, il faut accessoirement qu’il y ait des boulangers et toute la filière qui leur permet au final de produire du pain.

Si je lui sors tout ça à mon pote, c’est pour bien lui rappeler que dans nos sociétés modernes, tout a une dimension collective. Rien ne peut jamais être attribué entièrement au talent ou au mérite d’une seule et unique personne. Quand mon pote me dit : « Mon grand-père était le roi du grille-pain et il t’emmerde », il est le roi des cons.

Plus précisément, il est comme tous les gens riches qui pensent qu’ils doivent leur richesse à leur seul travail. Qu’ils se la coincent, qu’ils tentent de fabriquer un grille-pain sans l’aide de personne et s’ils y parviennent, c’est promis, je serai le premier à me laisser emmerder."

http://blogs.rts.ch/la-vie-est-belle/le-roi-du-grille-pai...

Commentaires

Mais vous voyez le mal partout, disons surtout là où il n'est pas !

Si vous voulez vivre le collectivisme, revenez dans le passé et lancez-vous dans la fabrication de "faire à repasser" !!!

Écrit par : Corto | 03/10/2012

Le mal partout ? c'est l'être le plus dépréciogène qui dit cela!

Mais monsieur Corto ce que vous n'avez pas compris dans la chronique ce sont les mots employés. Et ce n'est pas la première fois que vous avez des problèmes de compréhension. Entre vos hors sujet et vos fabulations je crois que vous devriez vivre à une époque ou les autorités religieuses avaient du pouvoir.

Monsieur Corto, sachez que nous vivons dans le collectivisme, la fabrication d'une voiture le démontre. Tout d'abord les métaux sont extraits par des ouvriers, puis les pièces vont dans l'entreprise automobile pour être posées. Les ouvriers posent une pièce sur la chaine de fabrication, puis viens les agences de marketing pour la pub, la télévision pour le message, les vendeurs pour la vente et enfin le client. Ce produit vendu n'est pas le résultat d'une personne mais de plusieurs. Aucun entreprise ne tourne avec une seule personne pour ce type de produit.

Donc moralité, repassez votre cerveau qui me parait de plus en plus "raplapla" Mon billet a pour titre "pour devenir riche nous avons besoin des autres". C'est irréfragable!

Bien à vous!

Écrit par : plume noire | 03/10/2012

Bonjour Plume Noire,

C'est une bonne façon de décrire les interrelations et la complexité de la société. Oui, chacun participe à la richesse de l'autre, et personne ne réussit seul. On oublie trop souvent à quel point nous sommes plusieurs dans tous les domaines: industrie, éducation, art, etc. Non seulement plusieurs pour une réalisation, mais aussi pour l'évolution qui a amené à un livre, à un grille-pain, à un précepte.

Par contre je ne qualifie pas cela de collectivisme. C'est plutôt le fruit normal de la société. Le collectivisme me paraît plutôt être une théorie contraignante où la dynamique individuelle est subordonnée à une décision collective ou supposée collective.

Or ici tout ce qui concourt à la fabrication du grille-pain a été imaginé, inventé, commercialisé, sous l'impulsion d'un inventeur ou d'un entrepreneur. Les grandes inventions, si elles sont le produit d'une évolution de groupe et d'un besoin collectif, sont aussi le fait d'individus qui à un moment savent mettre en forme une intuition.

La tendance des sociétés hiérarchiques est de valoriser seulement quelques maillons de cette grande chaîne humaine: l'inventeur, le vendeur, par exemple, et l'on ne valorise pas assez ceux qui, patiemment, fabriquent les pièces nécessaires. Un peu comme au cinéma où l'on encense un réalisateur ou un acteur, alors que sans l'éclairagiste, le cadreur, le preneur de son, et même le fabriquant de caméra, l'imprimeur, etc, il n'y aurait pas de film.

Cette hiérarchisation me semble faire partie de l'esprit humain.

Cela dit, il y a des concepteurs, des vendeurs, qui sont particulièrement talentueux, et grâce à qui des milliers de gens ont un travail. Je pense à un Steve Jobs qui a su créer de rien, avec quelques composants (faits par d'autres certes mais dont lui et ses amis ont fait un usage novateur - je pense par exemple aux fenêtres à l'écran), une société parmi les plus cotées du monde.

La valeur individuelle se démarque ici de l'effort collectif de production. Mais bien sûr que son talent individuel ne se serait pas exprimé autant sans des équipes qui ont permis de réaliser ses idées.

Pour moi il y a interaction dynamique entre l'individu et le collectif.

Écrit par : hommelibre | 04/10/2012

Bonjour Homme libre,

Tout d'abord je trouve toujours agréable d'échanger de manière courtoise avec vous, même si nos point de vus sont différents, car la richesse humaine c'est justement cela. La différence. Vous relevez aussi le débat en étant, dans le sujet contrairement à d'autre.

Tout d'abord nous sommes d'accord sur la notion de l'interdépendance de l'homme et la société. Contrairement à ce que l'on peut croire, je suis un fervent ennemi du collectivisme étatique et économique. Que se soit l'un ou l'autre, il a des avantages et inconvénients. Il est d'ailleurs intéressant de voir que l'anarcho-syndicaliste et le libéral sont totalement d'accord sur leur opposition au collectivisme.

Le collectivisme version communiste, lui promet l'amélioration des conditions de vie si les hommes se saignent au travail. En définitive, seule une petite partie de la population en profite réellement.

Le collectivisme version économique, est de faire justement croire à l'avancée de la société. Ce fut le cas pendant longtemps. Cependant aujourd'hui alors que nous vivons une période de métamorphose, on se rend compte que les technologies, les savoir-faire existent pour améliorer considérablement la société, sauf qu'on préfère ne pas le faire pour des raisons économiques. L'exemple du train à sustentation magnétique en est un exemple. Bien entendu il a des inconvénients comme nos transports d'aujourd'hui. En fin de compte, le profit des technologies, restent limité à ceux qui ont les moyens de les avoirs. Le profit n'est pas global.

Dans cette intervention, je tirai la sonnette sur le fait que notre société reste interdépendante. Que tout le monde a besoin de tout le monde. Etant un enfant de l'ère informatique, j'ai été un vrai fan de "Apple" au départ pendant des années. N'oublions pas que Apple existe parce que la marque a fabriqué des ordinateurs innovants (reconnaissance direct des la souris et des périphériques). Le Ipod par exemple n'est pas une révolution, puisqu'il n'est qu'un lecteur mp3 ou un balladeur du 21ème siècle, bref juste un support qui a changé. Ce que je reproche à Apple aujourd'hui, cela n'engage que moi, c'est le coté sectaire de la pomme. D'autre part je préfère bidouiller mon ordinateur en lui rajoutant des cartes son ou graphiques comme un mécanicien. Steve Jobs a eu la chance d'être au bon endroit au bon moment, si ca n'avait pas été lui ca aurait été un autre. L'ère du temps si prêtait.

Enfin, je ne sais pas si la hierarchisation est humaine ou pas. Bien qu'on suive le même schéma que les rats (une hierarchie) il est a noté qu'il y a les suiveurs et quelques libertaire qui se débrouillent par eux meme. La question est ouverte : la hierarchie existe-t-elle naturellement ou l'Homme a toujours tout hierarchisé ?

Écrit par : plume noire | 08/10/2012

Regardez plutot ce tuto pour les indépendants

Écrit par : Devenir riche | 25/10/2012

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