27/04/2015

Limite du système judiciaire américain

Il faut croire que l'on vit l'apocalypse au vrai sens du terme. Pendant que les débiles pensent, famines et désolations, je laisse ces naïfs inconscients, que ce mot est plus positif que l'on ne le pense.

En Grec, ca voudrait dire : levée de voile, dévoilement, révèlation.

Oui révélation. L'ère d'internet le permet. Alors je recite Arthur Schopenhauer, puisque je l'avais déjà fait par le passé.

« Toute vérité franchit trois étapes.

D’abord, elle est ridiculisée.

Ensuite, elle subit une forte opposition.

Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »

L'évidence depuis plusieurs années, et il faut croire que les plus patriotes sont restés aveugles. D'ailleurs les patriotes sont les plus ancrés dans l'immobilisme. Ils n'aiment pas le changement et pire encore ils s'autocensurent au point ou le régime chinois en réverait.

L'évidence aux USA c'est les erreurs de jugement à répétition ou des bavures policières. Alors que la bavure policière était encore taboos il y a peu, ces derniers mois, sous le signe de la "révélation" nous permettent de ne plus le nier. Dès lors, j'avais émis la piste d'un problème plus loin. Car loin de vouloir incriminer l'agent de police en lui-même c'est la formation, la vision de la sécurité et la position de la Police qui doit poser problème.

En 2013, on apprennait que cette femme est restée 22 ans dans le couloir de la mort et que l'enquêteur à mal fait son travail.

http://www.lematin.ch/monde/ameriques/fin-cauchemar-22-an...

L'article va plus loin et posait déjà des chiffres "Cette femme n’est pas la seule à avoir subi une erreur judiciaire. Quelque 142 condamnés ont été libérés depuis 1973 des couloirs de la mort de 26 Etats américains. En moyenne, ils ont attendu 9,8 ans avant d’être reconnus innocents, signale le site de l’organisation Death Penalty Information Center, qui précise en outre que onze personnes ont été déclarées non coupables… après leur exécution. Une triste réalité pour les Etats-Unis qui voudraient se poser en modèle incontournable de la justice et de la démocratie aux yeux du reste de la planète."

J'entends ruminer, je vois que ca tousse. Et il est temps de tout vomir parce qu'une étude de la prestigieuse université de Columbia nous dit ceci :

"Une enquête menée par l'université de Columbia portant sur l'ensemble des condamnations à la peine capitale révèle que dans plus des deux tiers des cas une erreur judiciaire a été commise. Décryptage.

Quelques 68 % des 5 760 condamnations à mort prononcées aux Etats-Unis entre 1973 et 1995 ont dû être annulées en appel du fait d'erreurs judiciaires. C'est la conclusion à laquelle est parvenu un rapport explosif publié lundi par l'école de droit de l'université new-yorkaise, Columbia."

Un sénateur républicain a d'ailleurs essayé de minimiser les choses. La réponse est cinglante :

"L'enquête menée par Columbia n'est pas une dénonciation de la peine de mort, mais il est d'autant plus un terrible réquisitoire contre la pratique de cette forme de châtiment définitif, puisqu'il démontre qu'il n'est pas possible d'arriver à une absence totale d'erreur. Ce qui a d'ailleurs conduit le gouverneur républicain de l'Illinois à prononcer un moratoire, car en cas de peine de mort, une seule erreur est "une erreur de trop". Il est évident que lorsque la condamnation n'est pas la mort, le jugement peut toujours être révisé.

Commentant le rapport, le porte-parole de George W. Bush, le sénateur texan candidat à l'investiture présidentielle républicaine, Ari Fleischer a cru pouvoir affirmer que le nombre important de révisions engagées "montre qu'il y a un taux de vigilance particulière dans les cas de condamnations à mort". D'ailleurs, a-t-il estimé, il ne s'agit pas d'une "question d'innocence ou de culpabilité mais du choix de la punition appropriée"...

Un argument réduit à néant par le rapport qui montre que le taux de révision est lui-même aléatoire. Ainsi, 100 % des condamnations capitales ont été annulées pour erreur judiciaire au Kentucky, dans le Maryland et au Tennessee. Ce taux est de 91 % au Mississippi et seulement de 18 % en Virginie, un Etat qui se situe au deuxième rang, après le Texas, du palmarès de la mort, avec 75 exécutions. Ce qui conduit James Liebman à souligner que l'enquête "révèle qu'un système où la vie et la mort sont en jeu a produit davantage d'erreurs que nous ne tolérerions dans n'importe quel autre champ d'activités moins important". Et ajoute-t-il, "l'étude montre l'énorme inconsistance, une justice soumise aux aléas de la géographie et du hasard, qui caractérise la nature du système de la peine de mort".

Le rapport confirme aussi un fait déjà empiriquement connu : l'application de la peine de mort n'a pas d'effet sur le taux de criminalité. Au contraire, alors que le taux général américain de meurtre est de 9 pour cent mille habitants, il s'élève à 9,3 % dans les Etats qui pratiquent le meurtre légal"

 

La conclusion est simple, il faut faire quelque chose et pourquoi :

- ne rien faire et reste dans la tradition politique républicaine et démocrate (Clinton n'a rien réglé en faisant en sorte que les applications de peine de mort soit faites plus rapidement) ne fera que de maintenir un brasier permanent de discorde dans la population. Alors que l'on a d'autres problèmes (chomage, terrorisme etc...)

- réformer le système judiciaire (lorsque 68% des condamnations traitées entre 1975 et 1995 sont annulés ca laisse songeur sur le professionalisme

- Aux yeux du monde politique et des fidèles qui la suivent sans regard critique, les USA se doivent de donner l'exemple en faisant quelque chose pour changer la donne.

Enfin, il semblerait que les américains soient plutot contre la peine de mort et que les politiciens n'osent pas aller jusqu'au bout. Il semblerait que nous avons ENCORE une personne qui a un manque de "coquilles". Mais ca, ca devient récurrent! Loin de nous le faux conflit, républicain et démocrate. Nous avons juste à faire des traine-patins...

Enid Harlow. La position d'Amnesty International consiste à dire que la peine capitale est une atteinte aux droits de l'homme. C'est une question de droits et non pas un thème politique. Cependant, des sondages dans plusieurs Etats ont montré récemment que les convictions d'un homme politique en matière de peine capitale n'avaient pas une si grande influence sur les électeurs, comme on veut nous le faire croire. En fait, le sondage le plus récent, qui a été effectué dans le New Hampshire début mai (l'Assemblée législative du New Hampshire, majoritairement conservatrice, a voté l'abolition de la peine de mort en mars 2000, mais la loi a été victime du veto du gouverneur- NDLR), prouve au contraire qu'en matière de lutte contre la criminalité, l'opinion publique préfère les mesures préventives aux mesures répressives. Les trois-quarts des personnes interrogées pensent qu'il est plus efficace d'améliorer le système scolaire plutôt que de promouvoir la peine de mort et une même proportion de personnes interrogées estime qu'un meurtrier ne va pas peser les risques d'une éventuelle condamnation à mort au moment où il s'apprête à commettre son crime. En fait, quand on donne le choix aux Américains entre une décision de peine capitale ou un emprisonnement à vie, sans possibilité de libération conditionnelle, ils choisissent la deuxième solution à 60 %.

http://rocbo.chez-alice.fr/gueule/mort/Peine_de_mort.htm

 

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