16/03/2016

Graffiti or not graffiti ?

Alors que le monde occidental peine à trouver de quoi provoquer de la croissanec, le graffiti se veut être la nouvelle tendance pour donner un nouveau souffle aux porte-monnaies bien garnis d’hommes d’affaires peu scrupuleux. Tantôt les graffeurs sont montrés du doigt pour être des saccageurs de murs, tantôt on les utilise pour se donner une bonne image. Pierre Maudet connait la chanson. Or la plupart du temps ces néophytes de la culture graffiti ne font pas la différence entre un tag et un graff. Le tag n’est qu’une signature. Le graff est une expression artistique qui, il faut le dire, rend les murs de nos villes bien plus beau que les gris laissé à l’abandon. Le bloggeur Haykel Ezzeddine fait d'ailleurs un travail remarquable sur le canton pour partager cet art.

D’autre part certaines entreprises, avec des moyens, ne perdent pas la moindre occasion pour essayer de récupérer ces œuvres d’art à même le mur, au point d’arracher le moindre bout de mur afin de se faire plusieurs millions, sans rien faire, comme on a pu le voir avec un œuvre de Banksy à New York.

Le monde des affaires s’est immiscé dans l’art il y a trop longtemps. Si tu es artiste et que tu joues à ce jeu, tu ne vivras jamais de ton art. Pour exemple, une toile vendue à la nuit des bains va connaitre la répartition suivante :

 

20% pour l’artiste 80% pour la galerie.

 

Donc autant le dire, les tarifs rappellent étrangement celui du domaine de la musique. Heureusement que les galeries ne se plaignent pas du téléchargement. Car autant le dire, si les maisons de disques payaient mieux leur artiste, ils ne seraient pas condamnés à etre esclave d’une maison de disque mais ceci est un autre débat que j'ai déjà cloturé dans un billet précédent.

Cette culture ne souhaite absolument pas d’etre la propriété d’une élite à la pointe de la mode. Le graffiti a pour but, d’offrir une culture à la portée de tous. Je dirai meme que son but est d’utilité publique et non privé.

Dès lors que faire pour éviter cela ? Il faut rentrer en résistance face à ce pillage. C’est ce qu’a fait le graffeur Blu à Bologne ; suite à une volonté de la ville, qui au nom de la sauvegarde du patrimoine veut arracher certaines œuvres pour les exposer, Blu a décidé d’effacer 20 ans de fresques murales afin que son art ne tombe pas dans le main de personnes incapables d’en apprécier son sens, puisqu’ils y voient qu’un placement. Alors dans ce cas la meilleure solution est de priver ces personnes-là de cette possibilité.

Je dirai chapeau à lui, notre art n’est pas à vendre. Déjà qu’il se retrouvait indirectement exposant (donc sans le vouloir), je pense sincèrement que cela a été dur de le faire mais un mal nécessaire face à cette prostitution.

http://www.lemonde.fr/arts/article/2016/03/15/le-graffeur-blu-s-efface-a-bologne_4882979_1655012.html

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