21/06/2012

La vie est belle

La chronique quotidienne d'Eric Grosjean

C’était assez déroutant de voir Barack Obama « effrayé par les massacres en Syrie » l’autre jour à la télévision. Pour rappel, Barack Obama est toujours le chef suprême de la plus grande armée du monde. L’armée d’un pays dont les soldats ont fait des millions de morts. Un pays dont la politique est aussi la cause de quelques autres millions de morts depuis un peu plus d’un demi-siècle.

On pourrait, en allant vite, citer 2 millions de morts dont un million de civils en Corée ; au bas mot 500 000 morts en Amérique du sud entre le Salvador, le Guatemala, le Nicaragua et tout un tas d’autres pays remplis de dictateurs activement soutenus par les Etats-Unis, pays qui était aussi derrière les dictatures brésiliennes et chiliennes responsable d’une centaine de milliers de morts ; 60 000 morts en Haïti à la fin des années 50 ; 600 000 morts au Cambodge ; 5 millions de morts dont 4 millions de civils durant la guerre au Vietnam et au Laos ; quelques dizaines de milliers de morts dans l’Espagne franquiste ; un million de morts en Iran dans les années 80, quand les Américains soutenaient les Irakiens ; 600 000 morts entre la Somalie et l’Angola ; 300 000 morts en Irak dans les années nonante grâce à George Bush, 300 000 morts en plus dont 120 000 civils dès 2003 avec à George W. Bush ; 40 000 morts en Afghanistan parmi les insurgés ; 2000 morts au Pakistan et la liste est assez loin d’être exhaustive mais elle devrait suffire à trouver franchement déroutant les propos d’un Barack Obama, quand il trouve « effrayants » les massacres perpétrés lors de la guerre civile syrienne.

Il aurait été encore plus « effrayant » qu’il ne les condamne pas, mais quand ces mots sortent de la bouche du président d’un pays qui a tué des hommes, des femmes et des enfants par millions depuis un demi-siècle, c’est toujours un peu déroutant, pour ne pas dire carrément déplacé. Un peu comme si Vladimir Poutine partait en campagne contre les armes à feu avec Michael Moore à travers les Etats-Unis, mais je suis pas certain que ce soit la bonne image, alors si vous avez une autre idée, n’hésitez pas à nous la faire partager sur ce blog.

Je tiens à préciser que ce n'est pas parce que l'on parle des USA que l'on est antiaméricain. Il y a une différence entre le peuple et la politique et que l'amalgame arrange surtout quelques personnes mal intentionnées, voir bêtes et stupides. Le constat, lui, on ne peut pas le nier malheureusement.

http://blogs.rts.ch/la-vie-est-belle/

08:46 Publié dans Humeur | Tags : eric grosjean | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

05/06/2012

Piqûre de rappel

 

Encore un vaccin encore un ! Et de la part de qui ?  

 

Rappelez-vous :

 

  • Les révolutions arabes avaient été snobées au départ. 
  • Le changement de constitution de l’Islande (actuellement toujours snobée)
  • Le mouvement LKP aux Antilles qui militait pour avoir non seulement un travail mais que les denrées alimentaires arrêtent d’être 100% plus cher chez eux qu’en Métropole. Faire des Leclerc là-bas ne sert strictement à rien.

 

La liste serait longue et l’attention d’un lecteur est paraît-il, pas très longue.

 

Tout ceci pour en arriver où ? A notre tueur en série canadien. Ce dernier, ex-mannequin et acteur de film porno, nous démontre qu’un cerveau diabolique peut exister dans toutes professions. Pourtant ce tapage médiatique inutile, a heureusement servi à faire un déni du printemps canadien. Pourquoi dis-je inutile ? La raison est simple : la question a été posée sur M6 « La France doit-elle craindre le tueur en série ». Hormis le fait que nous sommes de plus en plus dans un nationalisme utilisé de la plus mauvaise des façons, on a l’impression que la France pourrait mourir d’un coup de couteau ! Le couteau elle l’a déjà dans le dos il s’appelle dette publique et intérêts.

 

Alors que les braves étudiants canadiens militent pour que les études restent à la portée de toutes les bourses, Hannibal Lecter junior apparaît, éclipsant tout le conflit social actuel. Mon billet ne remet pas en cause la monstruosité de cet individu ; je m’interroge simplement sur le fait que l’on parle du Canada sur ce point mais pas sur l’autre. Il faut croire que les médias préfèrent ce qu’ils peuvent vendre plutôt que de faire leur devoir d’information. Mais ça, on le savait déjà !

Pour info sur la contestation http://www.causeur.fr/revolution-derable-revolution-durab...

10/05/2012

UMP pour la corruption héé oui...

L’UMP s’attaque aux associations de lutte contre la corruption

Le député de « la droite populaire » Jacques Myard vient de déposer une proposition de loi visant à réduire considérablement les possibilités d’action en justice des associations. Sont principalement visées les associations de lutte contre la corruption, comme Anticor, Sherpa ou Transparency International. Un dernier baroud d’honneur sur fond de multiplication des affaires politico-financières ?

L’aile dure de l’UMP vient de lancer une nouvelle offensive contre les associations. Sur le front judiciaire cette fois. Dans l’indifférence quasi générale, le député UMP des Yvelines Jacques Myard, membre de la Droite populaire, a déposé la semaine dernière une proposition de loi « visant à limiter les procédures pénales abusives menées par certaines associations ». Cette loi aurait notamment pour conséquence d’empêcher les associations anticorruption de se constituer partie civile dans les affaires politico-financières.

« Avec une telle loi, aucune contradiction citoyenne (...) n’aurait été présente lors du procès Chirac pour équilibrer les débats. Quid de nos actions citoyennes en justice dans l’affaire des sondages de l’Élysée, dans l’affaire Karachi, dans l’affaire des irrégularités de dépenses de communication du gouvernement révélées par la Cour des comptes ? », s’indigne l’association Anticor, qui regroupe des citoyens et des élus. « Impossibilité également de nous porter partie civile dans le volet financement de parti politique de l’affaire Woerth-Bettencourt si, d’aventure, on assistait à une tentative d’étouffement de cette affaire », ajoute-t-elle.

Un droit français déjà fragile

Que dit la proposition de loi, enregistrée par la présidence de l’Assemblée nationale le 24 avril ? Si une association demande l’ouverture d’une information judiciaire et veut se constituer partie civile dans une affaire où la plainte a été classée, elle devra en demander l’autorisation au procureur… « Autant demander à un arbitre qui vient de sortir un carton rouge, dans la minute qui suit, l’autorisation de faire revenir sur le terrain le joueur qu’il a expulsé pour qu’il finisse la partie ! », défend Anticor. En cas de refus, l’association pourra faire appel au procureur général puis, en dernier recours, à la chambre de l’instruction [1]. « Un parcours dissuasif des plus dilatoires et coûteux, avec une chance de succès des plus improbables pour toute affaire mettant en cause le pouvoir », explique l’association anticorruption. Les procureurs pouvant donner cette autorisation étant sous l’autorité du ministre de la Justice, donc dépendants du gouvernement en place, difficile d’imaginer système plus verrouillé.

« Le droit français ne connaît pas l’action populaire, qui permet, notamment en Espagne et au Portugal, à un plaignant qui n’est pas victime directe de mettre en œuvre l’action publique, explique Éric Alt, magistrat, membre du Syndicat de la magistrature [2]. Il ne connaît pas non plus l’action de groupe, qui permet, dans de nombreux pays, à un ou plusieurs demandeurs d’intenter une action en justice au bénéfice d’un groupe de personnes. La possibilité à certaines associations d’agir pour un intérêt général tempérait ces difficultés. »

Sans les associations, pas de poursuites de dictateurs

Une affaire récente avait pourtant permis de faire avancer le droit français sur cette question. Transparency International France, Sherpa et un citoyen gabonais déposent plainte en 2008 contre trois dictateurs africains, pour recel de détournement de fonds publics. Après une longue bataille judiciaire, la Cour de cassation reconnaît la légitimité de Transparency International France à se constituer partie civile dans cette affaire. La Cour de cassation a ainsi jugé que « les délits poursuivis, s’ils étaient établis, seraient de nature à causer à l’association Transparence International France un préjudice direct et personnel en raison de la spécificité du but et de l’objet de sa mission » [3]. L’instruction judiciaire a permis de dresser l’inventaire des 39 propriétés luxueuses de l’ex-président gabonais Omar Bongo, en France, et des 112 comptes bancaires de Denis Sassou-Nguesso, président du Congo-Brazzaville…

Mais cette jurisprudence reste fragile, explique Éric Alt : « Elle exige, pour chaque procédure, la démonstration par l’association de son intérêt à agir. » C’est-à-dire qu’elle doit être légitime pour intervenir dans ce champ d’action, défendre des intérêts collectifs, et les infractions constatées doivent être en lien avec son objet social. Pour renforcer leur action, les associations Transparency International France, Anticor et Sherpa, dans une lettre ouverte envoyée le 19 avril aux candidats à l’élection présidentielle, ont demandé une « habilitation légale des associations de lutte contre la corruption ».

Pour l’UMP, lutte contre la corruption rime avec politisation…

Il s’agit de donner aux associations qui travaillent dans le domaine de l’anticorruption la capacité de saisir elles-mêmes la justice. Ce qui permettrait d’instaurer selon les associations « un salutaire contre-pouvoir aux influences partisanes susceptibles de s’exercer, dans le traitement de telles affaires sensibles, sur des magistrats dont l’indépendance n’est en rien garantie ». Des habilitations qui existent déjà pour les associations de lutte contre les discriminations, contre les violences familiales, sexuelles ou contre les mineurs, contre le terrorisme, les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre, et les associations de préservation de l’environnement…

Une proposition qui n’est visiblement pas du goût du député Jacques Myard, qui regrette que la loi actuelle permette déjà « à des associations "plus ou moins politisées" de décider d’enclencher l’action publique sur le même pied que le procureur ». Conséquence : « L’institution judiciaire est de ce fait instrumentalisée et détournée de son but qui est de protéger les citoyens. L’action publique est ainsi purement et simplement privatisée », déplore-t-il. Selon le député, « la répétition de leur action aboutit à une véritable instrumentalisation de la justice à des fins politiques, ce qui constitue un réel abus de droit, et est inadmissible ». Et empêcher des collectifs de citoyens de défendre l’intérêt général dans des affaires de corruption ?

On peut s’interroger sur l’intérêt de déposer une proposition de loi en fin de mandature… Nous voilà en tout cas prévenus : en cas de victoire de l’UMP, la bataille judiciaire contre les affaires de corruption s’annonce compliquée. D’autant que le député semble regretter, dans sa proposition de loi, que le code de procédure pénale aille « même jusqu’à exonérer les délits de presse ainsi que les fraudes électorales de toute condition de recevabilité du procureur ». Une justice trop indépendante semble visiblement bien dangereuse pour l’UMP. Vite, étouffons les contre-pouvoirs !

Agnès Rousseaux

Notes

[1] Proposition de loi : « L’article 85 du code de procédure pénale est complété par deux alinéas ainsi rédigés : “La constitution de partie civile formée par une association en application des articles 2-1 à 2-21 du présent code n’est recevable qu’après l’avis favorable du procureur de la République. En cas de refus, l’association peut demander au procureur général un nouvel examen de sa plainte. En cas de non-réponse ou de classement sans suite par le procureur général, l’association peut en saisir dans les mêmes conditions la chambre de l’instruction. » Source

[2] Substitut du procureur, vice-président dans une chambre correctionnelle spécialisée en matière économique à Paris. Auteur, avec Irène Luc, de La Lutte contre la corruption, PUF, « Que sais-je », 1997, et L’Esprit de corruption, éd. Le bord de l’eau, 2012.

[3] Source.

http://www.bastamag.net/article2357.html

 

Là ca devient vraiment du GROS n'importe quoi...ou alors Sarkozy (présomption d'innoncence oblige) a vraiment des choses à se reprocher...je crois que oui...

08:34 Publié dans Humeur | Tags : corruption, ump | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook