13/03/2016

Top gear teste la liberté d'expression en Alabama

Vous aussi vous avez osé dire, ne serait-ce une pensée sur les USA et vous vous êtes fait brimer par les défenseurs d'oncle SAM ?

La dernière en date, venait de "Eastwood" qui me demandait si j'y avais été. Nul besoin d'y aller avais-je répondu quand on fait partie d'une énorme communauté artistique qu'est le Hip Hop. L'album de NWA vendu à plus de 10 millions d'exemplaires, sans marketing, révélait une réalité d'époque. D'ailleurs Hollywood n'a rien trouvé de mieux que d'en faire un film. Mais tout ceci n'est pas le cœur de mon billet ; si des preuves il faut, prouvant un problème de mentalité aux USA, l'émission Top Gear nous l'a prouvé.

Pour ceux qui ne connaissent pas Top Gear, c'est une émission sur les voitures produites à la base en Angleterre. Le flegme british, des trois présentateurs Jeremy Clarkson, James May et Richard Hammond (de 2002 à 2015) a donné une originalité dans ce type d'émission. N'étant pas fan d'automobile, je suis par contre très fan de ce divertissement. Le succès de cette émission a mené à ce que plusieurs pays (dont les USA, la France et la Corée du Sud) rachètent le programme et le fassent à leur sauce.

Mais quel est le rapport ? On y arrive. A chaque fois que les trois compères se retrouvent pour tester des voitures dans des lieux toujours différents sur la planète, ils en profitent pour se faire des blagues (genre trafiquer la clé de contact avec la radio pour qu'à chaque démarrage une chanson horrible sort des enceintes de l'un deux). Autant le dire, c'est bonne enfant. Dans un des nombreux épisodes, ils se retrouvent en Alabama. La production leur impose un défi : réussir à sortir de l'Etat d'Alabama sans se faire tirer dessus. A priori aucun problème, nous ne sommes pas dans un pays en guerre. Sauf que la production leur demande de décorer leur véhicule avec certaines phrases, du genre "le stock-car ca craint", "la country c'est horrible", "vive les gays". Bref des questions pas existentiels là-bas

Très rapidement, le petit test sur la liberté d'expression accouche d'une femme qui leur demande de partir et qu'elle ne veut pas qu'ils se ravitaillent sur place du simple fait de leur homosexualité. D'autres interviennent ensuite. Les présentateurs se mettent très rapidement en mouvement en direction de leur véhicule avec la ferme intention de partir quand des pierres se mettent à pleuvoir sur leur voiture. Ni une, ni deux, ils partent en trombe et s'arrêtent un peu tard, dans un endroit discret pour effacer les inscriptions blasphématoires. Une simple blague qui aurait pu mal tourné et qui, si elle était arrivée, aurait démontrer le niveau de prétention à la liberté d'expression de ce pays. Sur ce sujet, qui je le conçois met en avant une mentalité dans un état du sud, on ne peut oublier la scène finale d' "Easy Rider" ou justement ce même type de "redneck", shoot ces deux motards en pleine course, pour simple raison, on le devine, qu'ils n'aiment pas les cheveux longs. Mais bien que le geste soit impardonnable dans le film, cette mentalité est un reflet des années 60. Le tout n'est pas de tirer une conclusion générale d'un pays mais de mettre en avant un exemple que la simple utilisation d'internet en choquera plus d'un.